Chers lectrices électriques z'et lecteurs électriques, même brouillés, qui vous intéressez au sort des animaux en ville, en l'occurence la plus peuplée de cette petite province Européenne qu'on appelle la france, je voulais vous faire partager quelques anecdotes et rélexions à une balle (en argent), que j'ai pu vivre récemment.
Je ne vous parlerai pas de la X ième espèce des primates, dénommée Homo Sapiens, comme l'avait si finement rappelé Desmond Morris, zoologue, dans son livre "Le singe nu", qui devrait-être lu et étudié dès le lycée, je trouve, ne serait-ce que pour les crises de fou rire salutaires qu'il pourrait y faire surgir.
Les médias divers nous en rebattent assez les oreilles comme ça, la plupart du temps, d'ailleurs, pour déplorer la disparition de nos congénères, alors que justement, nous nous ingénions depuis des siècles à nous entretuer, avec un certain succès, d'ailleurs....!Cherchez l'erreur...!
Oui, je sais, elle est humaine, m'enfin c'est pas une raison pour la répéter avec une telle obstination...Même les animaux arrêtent les frais, de temps en temps, ne serait-ce que le temps d'aller boire le soir...
Pourquoi ces foutues bombes dites "intelligentes" ne respectent-elles pas l'heure de l'apéro, de la prière etc...?
Je ne vous parlerai pas non plus des animaux dits "domestiques", qui à priori ne sont pas trop mal lotis.
Quoiqu'un Jean de La Fontaine, philosophe méconnu derrière le fabuliste encensé, aie pu, par exemple dans "Le chien et le loup", lever le ...lièvre de la dialectique "Sécurité/Liberté".....mais c'est une autre histoire.
Non non, je vous parlerai plutôt d'autres animaux, qu'on dit "sauvages"....
D'abord, je vais souvent fumer mon clope du soir sur le Boulevard Rochechouart.Celui-ci a été totalement réaménagé, comme les autres, en gros de la Place Clichy à Barbès, en promenade bordée d'arbres, et de massifs d'arbustes taillés.
J'avais déjà noté, il y a 2 ans, après les travaux, la présence, de temps en temps, de souris ou mulots.Pas des rats, hein, ça va, c'est bon, je sais faire la différence maintenant que je les ai vus de près, les rats.Non non, des souris, des petites, modèle classique, style cuisine mal nettoyée...
Or, depuis, elles pullulent!
Il suffit, sur un banc, dès la fin d'après-midi, de se mettre en mode veille, puis de se régler en vision périphérique, pour percevoir leurs mouvements furtifs, au début, sous les buissons...
D'ailleurs, peut-etre par mimétisme parigot avec les moineaux, elles n'ont peur de rien...Au contraire, dès qu'on s'asseoit sur un banc, l'une ou l'autre se ramène en éclaireuse, voir si quelques miettes ne seraient pas tombées d'un éventuel Kebab ou Panini...
A ma plus grande joie parfois moqueuse devant les cris apeurés de quelque touriste femelle, à l'étrange exception des Japonaises, que cela intriguerait plutôt....Pas de souris à Tokyo?
Dernièrement, pas plus tard qu'il y a 5 minutes, en fait, j'en ai vues dans mon "cyber de nuit", sis vers Opéra, pas vraiment un quartier délabré, et ce (la dernière), à 40 cm de moi, sur la table, sous mon écran, et elle me fixait des yeux, interrogative...Savait-elle que je parlais d'elle?Les souris créeraient-elles un Buzz?
Voilà pour mes souris parisiennes....
Passons aux lapins....
Fort de mon ex-périence d'ex-chauffeur-livreur, je savais déjà que nos frères léporidés peuplaient en grande partie les Bois de Boulogne et Vincennes,pas très étonnant en ces lieux où, justement, l'on baise comme des...(?)...
Moins évident,de nombreux ronds-points environnants, où ils prolifèrent comme en quelque Australie, bien à l'abri des flots incessants de voitures, qui battent les côtes de leurs îlots de verdure....
Mais là où j'ai VRAIMENT été surpris, c'est d'en voir, la nuit bien sûr, quelques uns batifoler dans le square de La Chapelle, au M° du même nom.Dans un coin hyperfréquenté, même un peu la nuit, n'est-ce pas, l'axe Stalingrad - Barbès
Rétrospectivement, ça m'a un peu rasséréné quant à ma vision d'un lapin blanc, solitaire, place de la République il y a quelques années, ce qui m'avait valu quelques sarcasmes sur la proximité du Gibus et ce que j'aurais pu ingurgiter cette nuit là, alors que, non, presque rien, je t'assure Martine (oups, je dérive...).
Bon, j'avais dû tomber sur un albinos, ça arrive, non?
Venons en maintenant aux hérissons....
Alors que j'avais déjà, il y a environ 5 ans, rencontré un hérisson en goguette vers le M° Crimée (certes, louvoyant prudemment dans le caniveau, loin de ses prédatrices héréditaires, les bagnoles), à ma grande surprise, j'en ai effarouché un, entre deux tombes, alors que je faisais des repérages au cimetière de Montmartre pour y amener ma Lolita en ballade....
Doublement surpris, car, connaissant la population féline des cimetières parisiens, pas seulement du Père-Lachaise, et ce ne sont pas des tendres, je félicitais en pensée le lascar pour sa capacité de survie!
A moins qu'une boule de piquants finisse par décourager les greffiers....?
Bon, je passerai sur le génocide par manque de mégots (merci Evin), des grillons du métro, qui lui donnaient pourtant une sonorité méridionale, voire africaine bienvenue....J'en connais qui devaient se sentir un peu moins dépaysés en arrivant...
Finito.
Mais pour finir sur une touche océane, parlons un peu des mouettes....
Là, je suis à mon affaire, sans être un expert.Car depuis mon enfance et quelques séjours bretons entre autres, j'ai une affinité très particulière avec ces mélancoliques rieuses , qui s'obstinent à voler souvent contre le vent, curieusement quand il est au plus fort, voire en pleine tempête, jusqu'à ce qu'il les retourne comme des galettes emplumées, et....qu'elles remettent ça aussitôt....
40 ans que je me demande pourquoi, et, de plus en plus, je pense que c'est tout simplement parce qu'elles y prennent du PLAISIR!!
C'est tellement évident.
Si ce connard de Descartes n'était pas passé par là avec sa conception absurde de l'"animalité", héritage dont nous n'avons pas fini de payer le prix fort, j'aurais réalisé depuis longtemps, puisqu'à ma façon, je fais la même chose qu'elles, et j'y prends un pied certain...
Mes derniers doutes ont été levés quand j'ai vu des orques s'éclater, littéralement, à jongler avec des otaries, avant de les laisser regagner la terre ferme, alors qu'en temps normal, ils les bouffent toutes crues...
Pour en revenir aux mouettes, étant né au bord de la Seine, j'avais déjà noté que quelques-unes faisaient escale, l'hiver seulement, dans ma banlieue.
Puis, habitant à Paname, j'avais pris l'habitude, toujours l'hiver, d'aller de temps en temps les nourrir, en leur jetant des abats, car ces dames aiment AUSSI la viande.Et petit à petit, je me suis rendu compte qu'elles restaient de plus en plus toute l'année.
Et qu'elles s'éloignaient des bords de Seine pour coloniser le Canal St Martin, de la Villette etc....Plutôt en des endroits stratégiques, comme le port de l'Arsenal, ou les Grands Moulins de Pantin, par exemple, et leurs abondants grains de blé...
Et depuis, j'en ai vues et entendues en des endroits moins ....attendus, comme les Buttes-Chaumont, ou chez des amis, en plein 12ème , au 15ème étage....Et là haut, je peux vous dire qu'elles se lachent!Mes amis se croient à Etretat...
Ok, la Seine, à paris, n'est jamais loin à ...vol d'oiseau, et contrairement à ce qu'on croit, la quantité de poissons va croissant...mais bon...
Voilà voilà....
Certes, ce ne sont que des rencontres personnelles et isolées.
Et je m'interroge:
-Toutes ces bestioles sympathiques sont-elles là depuis longtemps, dans paris même, et est-ce seulement maintenant que j'y prête plus d'attention?
-Est-ce lié au réchauffement climatique-tac-tic-tac, à la dégradation de leur habitat naturel et leur moyen de subsistance habituel?
-Suis-je la réincarnation de Saint François d'Assise?
-Ou encore un subtil mélange de tout ça et d'autres causes qui m'échappent?
En fait, peu importe....Tout ce que je sais, c'est que leur présence, leur proximité, autour de moi, ici, me fait du bien, dans cette cité où il semble qu'en oubliant notre animalité, on se déshumanise... Cette (ré?)-apparition me fait un bien fou, sans que j'essaye même de l'analyser
En ce qui me concerne, les animaux peuvent bien envahir Paname, les renards, les écureuils, les scorpions, les vipères...pas de discrimination....
Y compris les loups, les vrais, pas ceux de Reggiani....
Je ne demande que ça, je l'espère de tout coeur, j'irai hurler avec eux, les soirs de pleine lune, la plus belle musique de l'univers....
Ca rétablira l'équilibre, puisque ces derniers temps, l'homme, ce singe nu, est redevenu un "loup".
Pour l'homme.
Et bien pire.