0X/0X/1995

Ce soir là,j'avais craqué.

Vraiment,là,ça caillait trop.Alors pour une fois,j'avais appelé le Samu Social,3h dans une cabine,et attendu vers Gare de l'est qu'ils passent me ramasser,avec quelques autres,en camionnette.

Des siècles que je dormais dehors...6 mois?1 an?savais plus trop...Ils avaient muré mon appart pendant que j'étais à l'hosto,Avicennes.J'avais refusé au téléphone de retourner à celui de Corbeil-Essonnes,où travaillait ma frangine.C'est bon,la neuropsychiatre ,une femme géniale,m'avait averti en douce que ma famille voulait me faire interner d'office,arf arf.

Alors je m'étais cassé au hasard.

De toute façon j'en avais plus rien à foutre,des autres,de moi,de rien.Vivre?Mourir?Aucune idée.Tout ce que je voulais c'était ne plus PENSER.Je faisais la manche jusqu'à ce que je puisse me prendre quelques 8,6,que je sifflais,et repartais mancher.A la rencontre.J'aurais jamais pu débiter un laïus à la con dans le métro.Au dessus de mes forces.

Chez Emmaus,quai d'Austerlitz,j'avais chopé la gale.3 semaines pour m'en débarasser,à me gratter au sang.J'avais repensé à Mireille,qui m'appelait "chien galeux",pour rire,quand on était mômes...prémonitoire,mon cher Watson!Là c'était plus pour rire,le chien galeux.

A force,j'avais dégotté un coin pas mal pour dormir:Passage Brady.Le soir,ils fermaient les grilles,coté Faubourg St Denis et St Martin.J'étais peinard pour la nuit,sans risquer de me faire dépouiller.OK,y avait les rats qui me cavalaient dessus,mais j'avais les cartons.J'avais quand même demandé au patron du resto Indien,par courtoisie.Tu parles,Bombay,Calcutta,c'est pas lui qui m'aurait viré!Tous les soirs,il m'offrait un tchaï,pour me réchauffer.Je fais très bien le tchaï,depuis.

Mais ce soir là,non.-5?-10?Le Samu m'a largué en douceur dans un foyer près de Bastoche,le long du port?Nickel,celui-là.On était que 4 par chambre.Mais interdit de sortir la nuit,bien sûr.Et dans mon pieu,j'ai commencé à transpirer,j'avais pas assez bu...

Alors doucement,j'ai ouvert la fenêtre,chopé la gouttière,et descendu l'étage.Direction Bastille.J'ai à peine fait la manche,je me suis incrusté au bar le plus proche.Je ne me séparais jamais d'un manteau en vrai cachemire,qu'on m'avait donné dans le 16e,et en fait,j'avais pas le look SD (sans domicile DU TOUT).Et comme la culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié,j'arrivais à donner le change,avec ma dégaine improbable.J'arrive à soutenir une conversation sur à peu près n'importe quoi,je suis très fort,à ce jeu-là!Je bats tout le monde au Trivial Poursuit,arf arf,même blindé.Ouais ouais!Alors à Bastoche,fastoche...Depuis que c'est bobo/chébran,suffit de ramener sa science,guider la conversation sur le ciné ou la zique...

."Tu connais Mink De Ville?"

"Bah,ouais,je l'ai vu 2-3 fois,au Palace...quand il habitait Boulevard Magenta,pas loin de chez moi..."

"C'est pas vrai!Raconte!".

Et hop,c'est parti pour les vieux souvenirs et les pots toute la nuit...Ce que j'ai fait.Au Jack Dan,tant qu'à faire.Bââstoche,koâââ.

Putain,dire qu'avant,rue de Lappe,à part le Balajo qui donnait dans le Fellini,y avait que des troquets arabes.Qui vendaient TOUS de la poudre,aux habitués.A 1h,ils baissaient le rideau de fer,les musiciens se pointaient avec leur oud,et c'était parti pour Al Djazaîr...Du roots,pas du light.Ca y est,j'vais encore sombrer dans la nostalgie...Place aux djeun's..

.A 4h,je suis revenu au foyer;j'ai grimpé la gouttière,mais quand j'ai chopé la rambarde,le bourbon s'est fait sentir,et j'ai lâché.Sur le trottoir,j'ai rien entendu craquer,mais j'ai eu mal,bordel.J'étais secoué,j'ai juste trouvé une bouche d'aération,et je me suis écroulé.Le matin,toujours mal à la cheville gauche.Très mal.Entorse,j'ai pensé.J'ai clopiné jusqu'à St Antoine.Radios.Cheville gauche cassée."Vous n'auriez pas dû marcher comme ça!".Z'en ont de bonnes,eux.Et puis j'y croyais pas,je croyais que ça faisait beaucoup plus mal,moi.Ils m'ont platré un peu vite,j'ai trouvé,et hop,dehors.Je puais ou quoi?Ben...oui.Bon.

Après,pour la manche,c'était de la balle,avec les béquilles et le platre.Je faisais la Gare de Lyon,à l'intérieur,au chaud,avec une bande d'allumés finis,dont un poête belge qui nous chantait du Bobby Lapointe.Pour dormir,c'était plus chiant.Déplâtrage.Mais quand je marchais,au bout de 20m,fallait que je me pose,trop mal.Radios,à Boucicaut cette fois:ils avaient pas remis le pied dans l'axe!!!Fallait opérer,recasser l'os,et mettre des vis,des cornières,tout le bastringue.

Pffff....Mais bon,3 semaines à l'hosto,puis rééduc à Berck,au bord de la mer!Ca se refuse pas...Au passage,j'ai bien aimé l'anesthésie générale,putain,le curare,c'est du sérieux...

Et whoupiii,ambulance,et Mer du Nord,me voilà!!En plein Juillet,le panard...

Après le macadam parigot et sa pittoresque faune,à moi les ptites chtimies!!C'est ça,rêve mon pote,avec tes 35 balais bien chargés,ta psyché en dentelles,l'épilepsie embrumée par l'alcool,les cachetons...et ta gaucherie chronique envers les donzelles...Je naviguais plutôt à vue.

La rue,la rue,je commençais vaguement à réaliser que je pourrais bien y rester.Au propre et au figuré.Je m'étais peut-être-pas-cassé-la-patte-par-hasard.Devait y avoir de l'acte manqué réussi là-dessous...

Enfin bon,l'Hôpital Maritime de Berck sur mer,c'était un palace,là.Les premiers temps,j'ai fait que DORMIR.18h par jours,la marmotte,qu'ils m'appelaient.Je préférais ça au chien galeux.C'est cool une marmotte.Vous en avez déjà vu?Ca délire,ça siffle...C'est BEAU,une marmotte.

Le toubib qui s'occupait de l'aile où j'étais,c'était un mec,un vrai.Comme JE l'entends:Un héros ordinaire,comme il y en a tant,et comme j'allais le piger peu à peu.Quand il s'est pointé en visite avec son staff,il m'a dit:

"Ah!Voilà notre éthyleptique!".

J'ai EX-PLO-SE de rire!

C'est bon,on se comprenait.J'allais pouvoir faire affaire avec ce monsieur.Y'a des gens comme ça,1 jeu de mots,un seul,et hop!On dédramatise,on établit le contact sur de bonnes bases,et on coupe court tout de suite aux "petits jeux".Le tout avec empathie.Ca remet à sa place,dans le bon sens du terme.Fabuleux,c'est beau comme une flèche en plein vol...Un maître zen qui s'ignorait?peut-etre pas d'ailleurs...

Après,pfff...faudrait tout un roman.Et,justement...

Les chtis,je les ai adorés tout de suite.Ma première découverte de Berck,au ras des pâquerettes,c'était que la bière était excellente,pas chère,même prix en salle qu'au bar.Mais surtout qu'en 5 mn,tout le monde se tutoyait et bast?Avec les chtis,ya pas de chichis!Mais revenons à l'hôpital.J'ai vite compris que j'étais un "touriste"?C'est à dire,dans le jargon,que je n'étais là qu'en ballade,pour quelques mois au plus.Alors que d'autres allaient y passer,au mieux,des années.De longues années.

J'ai vite fait une expérience qui m'a éclairé sur mon état mental du moment.Il y avait une grande terrasse,avec la mer en contrebas,où évidemment j'ai vite squatté,pour méditer.La mer c'est mon élément de base,ma naissance,ma vie ,ma mort et twist again...Je suis liquide,fluide.Un soir,après manger,le soleil se couchait,il y avait une charmante mamie qui fumait son clope,comme moi,et on a engagé la conversation.Elle avait été prof de chaipuqoi.on a fait une pause.Et puis,en regardant le soleil se coucher,elle a repris la parole,sans se tourner vers moi.Sur un autre ton,en me tutoyant,comme si elle m'avait connu depuis toujours...Je l'ai écoutée.Elle m'a dit des choses dures,très dures.Auxquelles je ne pouvais répliquer.Parce que c'était vrai.Je ne sais combien de temps ça aduré.Elle a refait une pause,puis s'est remise à parler de sa carrière de prof,en me vouvoyant.Et s'est levé pour aller dormir,me laissant digérer notre "conversation".

Plus tard,d'autres patients m'ont dit qu'elle était "un peu folle",qu'elle"partait de la tête.Je ne suis pas si sûr.J'ai ma petite idée sur la "folie",la "possession".Ou plutôt je n'ai PLUS d'idées.A chaque fois que ça m'arrive,je ne peux que le vivre.Point.Dans l'univers où je me ballade,il s'est produit tellement de choses "irrationnelles","inexplicables",et ce depuis l'âge de 4 ans,que ,bon...Question d'ouverture,je crois...Là,on est en 2008,j'ai la tête dans le guidon,pour X raisons à la con,matérielles surtout.Et par rapport à l'ouverture qui s'est produite de Mars à juillet,ça recommence à craindre,l'obsession du fric,rien de tel pour me fermer aux puissances cosmiques.mon ptit égo étriqué reprend le dessus...J'en vois qui commencent à me prendre pour un doux illuminé,hé hé...Alors que c'est si simple,parfois,si CLAIR.

Retour à 96.Il y avait à l'hôpital ,dans une chapelle tranformée en gymnase,un pas de tir à l'arc.Enfin,je pouvais reprendre mon chemin là où je l'avais laissé,loin derrière.Au bout de quelques semaines,j'en faisais 6 heures par jour.Dès que j'étais seul,j'alignais des volées de 6 flèches,becoz je fatiguais,d'aller à cloche-pieds avec mon plâtre jusqu'à la cible;je faisais des trucs hallucinants.Comme toujours,c'est quand j'étais vraiment fatigué que je trouvais LE geste,et une fois que je l'avais,whaaaam,6 flèches dans le noir,et allez,12,24....Bientôt,la longueur du gymnase me suffisait plus.

Mais bon,surtout je rencontrais du monde,des gens bien,comme toujours dans les hostos,les postcures,là où on baisse le masque.....Redouane,qui s'était fait rouler dessus par un bus,en Algérie,et qui avait pu venir se faire opérer en france.Il avit tellement de ferraille autour de lui,on aurait dit un antenne télé!On s'était trouvé ,en discutant,une énigme en commun:Qu'avait-il bien pu se passer quand les armées grecques d'Alexandre le Grand étaient allées jusqu'en Inde?Quel putain d'échange culturel avait bien pu avoir lieu,vers le nord de l'Afghanistan,par exemple,dont mes frangins m'avaient parlé,et dont témoignaient les 2 grands bouddhas de Bamyan,qu'ont sautés depuis,avec le commandant Massoud,quelques jours avant les 2 tours,tiens tiens,du world trade center.S'attaquer aux symboles,n'est-ce pas...

Redouane était aussi un joueur d'échecs hors pair,du genre à jouer en simultané avec 5 joueurs:on se dégottait 5 échiquiers,et,virevoltant dans son fauteuil roulant,il nous battait à plates coutures.On parlait de son pays ensanglanté,que j'avais eu la chance de voir,un peu,sous un meilleur jour.Il en avait tellement marre qu'on les voie comme des barbares barbus tout juste bons à s'entretuer,alors que....

Il y avait aussi Nedjma,fameuse pour ses gueulantes.Elle avait de quoi,parfois.Elle s'était pris 3 balles pendant un braquage raté avec son mec.M'a pas tout raconté,mais ses cicatrices et ses 40 kilos parlaient pour elle.Une sacré nana,pas tant pour le braquage,bof,que pour la suite et le courage:son mec y était resté,son fils était chaipa où en attendant qu'elle se rétablisse,et peut-être la tôle.C'était une des rares à avoir un "appart",une chambre pour elle,en bout d'étage,où elle pouvait faire la cuisine et ...recevoir!bonjour les tajines...A frayer avec des gens pareils,je l'ouvrais un peu moins sur moi.Pas que j'établisse une échelle de valeur de la souffrance,ce serait nul,mais bon,ils la ramenaient pas,quoi,une véritable élégance de la vie,je saurais pas expliquer.

Pendant ce temps-là,j'avais remarqué une femme,très élégante aussi,mais surtout vestimentaire,qui venait tous les W-E.Samedi ET dimanche,ce qui n'était pas courant.Libé sous le bras,foulard Hermès.Parisienne,à tous les coups.Elle arrivait vers midi,prenait un café,près de la "salle de loisirs",au bout d'un interminable couloir quasi désert,assez Marienbad.Parlant à personne hormis l'orthophoniste.Puis disparaissait toute la journée.Je me disais que celui qu'elle venait voir avait bien de la chance.

J'avais plus un radis,et faire la manche dans Berck,beerk!(oui,je sais).Et puis c'était rikiki.Mais DE Maricourt,le toubib,m'avait pris à la bonne,et a demandé à l'AS de me débloquer un "pécule",au moins pour les clopes et les cafés.Je passais le voir de temps entemps,on tchatchait.Lui auusi avait été en analyse,tiens.Au bout de 5 ans,il avait divorcé,trouvé une compagne et fait trois gamins coup sur coup...Moi,ma psychanalyste m'avait jeté.On a ce qu'on mérite?On parlait un peu littérature,il écrivait sur ordi,tiens,d'ailleurs,ici-même,il y avait un ancien journaliste qui écrivait un bouquin.Ah...Puis j'oubliais.Depuis l'incendie,j'avais plus touché un stylo.5 ans.

Avec la petite bande,ça tournait au délire:quand on ne jouait pas au foot dans les couloirs avec les tétraplégiques en fauteuils à moteur,et qui s'faisaient chier comme des rats morts,on avait décidé, pour concurrencer les championnats de char à voile,de lancer le "Championnat du monde de Fauteuil Roulant".Le long du front de mer,en ville,on avait gréé le fauteuil de Redouane et autres avec des balais et des draps piqués dans les chambres.Et vu le vent d'enfer qu'il y a par là,Je vous raconte pas le spectacle et la mine épouvantée des touristes en voyant passer ces barjots en fauteuil,toutes voiles dehors!Pour finir,on squattait la plage,où à la suite d'un pari à la con,on a collé Redouane dans la flotte,regardant la maréée remonter jusqu'à ce que,les vagues au ras du menton,il finisse par crier grâce!Le lendemain,il eut du mal à expliquer la présence de sable dans les roulements à billes,grippés....

Evidemment,j'avais fait la jonction avec le "tout Berck qui fume et qui pétille",et c'est là que je remarquais que les "ptites chtimies" étaient plutôt du genre entreprenantes,ce qui m'allait parfaitement!Ingrid,une petite brunette comme son nom ne l'indique pas,me vampa en un temps record,vu mon état de manque,et nous aboutîmes dans ma chambre d'hosto,en catimini.Un peu de tendresses dans ce monde de brutes.

Je sortais donc de ma léthargie,doucement.Le chirurgien avait fait un super boulot:tous les jours,en rééduc,je récupérais un peu,avec l'épique équipe de kinés.Mais bonje pensais à la suite,à paname.Mon univers,mes repères avaient explosé,je savais pas trop où j'allais.Un jour,la nouvelle s"est répandue que Beineix allait venir tourner à l'hosto.Beineix?"Diva","37,2 le matin" ,la Dalle?ouais,cool...ça distraira...

.Effectivement,avec une équipe restreinte,il vint tourner ici,mais quoi?Un film?Un docu?les bruits couraient..Je remarquai qu'ils filmaient la jeune "Parisienne" élégante,et l'orthophoniste de l'hôpital (encore une femme géniale,pleine d'énergie...).Tiens tiens...Et puis,on aurait droit à une projection de "37,2 le matin",version longue inédite,en présence de l'Hauteur.Qui ne vint pas.Pendant le film,je remarquais un patient étendu sur un grand lit bizarre,qu'on avait incliné pour qu'il voie l'écran.Nedjma m"expliqua que c'était un " mec connu",totalement paralysé depuis un accident de caisse.pas un "touriste",quoi.Ouais.Dur dur...

Au bout de trois mois,le toubib me dit:"Pour,moi,officiellement,vous ètes "guéri".Vous remarchez suffisamment bien.Mais,de vous a moi,ça ne me dit pas trop de vous laisser repartir à Paris,à la rue en plein hiver.Pas envie de vous voir revenir dans 6 mois en morceaux!Alors retapez-vous la santé,le moral.vous pouvez rester ici un moment encore,je ne vous dénoncerai pas à la Sécu,ça me retomberait dessus!"Je ne fis pas prier:J'y passais les fêtes,mais en mars,il me fallut bien retourner sur Paname,pour plein de raisons...

C'est quelques temps après que j'entendis parler de Jean-Dominique Bauby,et de son bouquin,"Le Scaphandre et le Papillon".

C'était lui,l'ancien journaliste qui écrivait...

C'était lui,le mec paralysé à vie sur son lit,pendant la projection...

Pas TOTALEMENT paralysé.

Il pouvait encore bouger UNE paupière.Cligner de l'oeil.Le papillon.Le reste de son corps c'était le "scaphandre".L'orthophoniste et d'autres avaient conçu un alaphabet spécial,lui permettant de "dicter" ce qu'il écrivait,dans sa tête.Et la jeune "Parisienne",Libé sous la bras,c'était une de ses anciennes collègues journaliste qui venait prendre ça en notes,et mettre ça en forme de bouquin.

Le bouquin fut rapidement un best-seller,pas grâce à son histoire que peu connaissaient,mais à son talent.Il devait passer à "Apostrophes" avec Pivot.Mais il mourut quelques semaines après avoir appris qu'il était en tête des ventes.Il y eut quand même cette émission,avec le reportage de Beineix,le toubib,De Maricourt,et l'orthophoniste.

J'ai pas vu le reportage.

J'ai jamais eu le courage de lire son bouquin.Il parît qu'il est magnifique.M'étonne pas.

Pas vu non plus le film qu'on a tiré de cette histoire.

Moi,j'ai mon bouquin,mon film à moi.

Je crois que depuis,j'ai une idée de ce que c'est,un écrivain.