Je me souviens que c’était le printemps et le printemps sur la côte c’est vraiment génial. Il a une petite avance sur le temps donc il est un peu plus chaud, il ressemble presque à l’été… La chaleur précoce fait monter les effluves des plantes, romarin, thym, pins et autres lavandins.

L’ami Fredo et sa dodo se calent vers la piscine sur les matelas, après un taquet des plus honorables et je décide d’aller au village chercher un peu à grailler, des clopes et des pompes, le plus important ! Je m’étais calé un petit truc pour la route. Brrroouuu mmmmm la voiture descend le chemin, des papillons volettent de partout, avec moult insectes printaniers, contents de retrouver le soleil après tant de temps sous la terre …

Au village je rencontre Kass, le junk qui manque à notre équipe :

- Holà, ami Kassem, que tu me semble triste, te dirait il de retrouver le sourire ?

Aussitôt il pige mon allusion et son visage se métamorphose complètement, il sourit grandeur maxi et me dit :

- non ? Tu as quelque chose ?

- ben mon colon, je vais t’en enlever l’envie !

Et nous voilà repartis dans la deuche, le Kakass les papillons, et quelques bières en plus. Une fois arrivés au « château » les pompes à la main en guise de banderilles, nous fonçons vers les amoureux, toujours enlacés à la piscine, comme des dératés en se fendant la poire. Le bonheur quoi.

J’étais heureux de leur procurer ce petit plaisir, on galérait vraiment souvent à téléphoner à l’autre salaud de dealer qui nous faisait tirer la langue par simple caprice, à tel point qu’on avait décidé de le braquer. Mais bon, les temps n’étaient plus à la galère on avait une bonne réserve et on allait en profiter.

Ben on a tout claqué ! Tout au moins ma réserve. On est restés je ne sais plus combien de temps à la piaule à se défoncer comme des petits diables.

Fredo avait une petite ration de coke, environ deux G qu’on est allés chercher chez lui en on s’est finis en speed-balls.

Mais je me suis juré de ne pas toucher au reste, enterré dans une restanque, pas question de me fâcher avec mon pote Kandinsky, trop dangereux le gars …

Je lui ai rendu le colis le jour convenu. Je balisais de me balader en ville avec ce paquet dans mon sac à dos, mais tout s’est bien passé. Comme il avait peur d’être suivi on à fait le plan « ascenseur », c'est-à-dire que l’on s’est croisé dans un hall d’immeuble, à un étage donné ; je suis rentré dans l’ascenseur il en sortait et on a fait l’échange à ce moment là.

Il me restait un paquet que j’avais planqué pour la décroche, les amis étaient repartis chacun chez soi et je me retrouvais seul. Tu parles ! la décroche … j’ai tapé tant qu’il en restait. Quand il n’y en a plus eu, l’enfer du manque a commencé… C’est là que les neo-codions m’ont bien servi. J’ai pu patienter jusqu’à ce que je repêche un truc, ça n’a pas trop tardé…